15 Jul 2006
Situation controversée des droits de l'homme. D'un côté, la Guinée a des normes nationales et internationales en matière des droits de l'homme et de l'autre côté, le pouvoir se donne des moyens sinueux pour ne pas les respecter. Au niveau national, il y a l'Organisation guinéenne des droits de l'homme et du citoyen (Ogdh).
Au niveau international, la Guinée a ratifié presque toutes les conventions, souvent avant de nombreux pays africains. Cependant dans la pratique, les droits de l'homme sont en enfer. "La justice n'est pas indépendante", dénonce Dr. Sow Thierno Maadjou, le président de l’Ogdh. Il rappelle que "sous la première république, tous les organes d'Etat dépendaient du pouvoir central, c'est-à-dire le chef de l'Etat. On continue la même chose jusqu'à présent. Il n'y a qu'un pouvoir, c'est le pouvoir exécutif. Le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire ne sont même pas des autorités. Le fait qu'il n'y ait pas séparation des pouvoirs, d'autonomie judiciaire, empêche le respect des droits de l'homme". En outre, fait-il savoir "les forces de l'ordre appliquent systématiquement ce qu'elles connaissaient avant, c'est-à-dire qu'elles violent systématiquement les droits de l'homme". Ces violations se résument en "arrestations arbitraires et illégales, des traitements cruels, inhumains et dégradants, des tortures". Dr Sow Thierno ajoute "qu'il y a beaucoup de lieux d'arrestations qui ne sont pas contrôlés par la justice. Il y a des endroits même où le procureur de la république ne peut pas aller". A l'en croire, il existe encore aujourd'hui en Guinée "des lieux de détention secrets" qui ne sont certes pas comparables au tristement célèbre camp Boirro (aujourd'hui banal camp militaire devant lequel deux vieux DCA modèle 39-45 rappellent une histoire douloureuse et sanglante de la Guinée) de Sékou Touré puisqu'au moins "c'était connu". Il donne un exemple précis : les îles Delos. Triste bagne sous la colonisation française transférée en Amérique latine et située à 8km de Conakry. Les arrestations sont très souvent politiques. Sous le couvert "d'atteinte à la sûreté nationale", les abus se justifient surtout avant, pendant et après les échéances électorales. Cela a été le cas d'Alpha Condé, arrêté à la frontière ivoirienne en 1998, accusé de vouloir recruter des mercenaires pour renverser Lansana Conté. Il a passé près de 30 mois en prison avant de bénéficier d'une grâce présidentielle acquise sous la pression internationale.
ASK Source : Le Nouveau Réveil
LE NOUVEAU-REVEIL
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