21 Sep 2006
Monseigneur Gomez : « On est arrivé au stade où il faut qu’on ose dire au président qu’il n’est plus apte physiquement pour diriger le pays » Le pays va mal, tout le monde le sait et en est conscient. Lansana Conté et son gouvernement en sont grandement responsables du fait de la gestion calamiteuse du denier public. C’est aussi une vérité de la palissade que beaucoup disent tout bas. Comment alors faire résonner cette vérité de façon à ce que le Général Conté en soit personnellement informé ? C’est la question qui semble diviser la société civile guinéenne dans la mise en place d’une alliance nationale pour le changement démocratique.
Au cours d’une réunion de concertation tenue au siège de l’organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH), le 6 septembre dernier, les avis étaient partagés.
L’intervention la plus remarquable fut sans doute celle de l’archevêque anglican Monseigneur Gomez Albert René pour qui il n’est plus question d’utiliser des intermédiaires pour dire au président la réalité que tout le monde connaît : celle de son incapacité à diriger le pays. Celui qui dirige le conseil inter religieux l’a dit en ces termes : « On est arrivé au stade où il faut qu’on ose dire au président qu’il n’est plus apte physiquement pour diriger le pays ».
La question qui se pose maintenant est de savoir si les autres responsables religieux et leaders de la société civile auront le courage de suivre cette suggestion de Monseigneur Gomez. Beaucoup d’observateurs pensent en effet que les responsables religieux (musulmans et chrétiens) ont un grand rôle à jouer pour accomplir cette mission. Ils sont les seuls à pouvoir convaincre le chef de l’état de renoncer à l’option dans laquelle il s’est endurci depuis plus de deux décennies.
Si l’engagement de l’église dans la défense des populations guinéennes ne fait plus l’ombre d’un doute depuis des années, la grande inconnue demeure du côté des leaders musulmans dont la grande majorité reste acquise et assujettie à la cause du pouvoir. Un sursaut d’orgueil à leur niveau serait salutaire dans la bataille que la société civile vient d’engager : celle du changement de régime dans le pays.
Auteur: N'zoolo correspondant Kabanews Conakry Date:2006-09-21 12:00:58 conte1.jpg . Catégorie: POLITIQUE
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